« À Gaza, ce n'est pas un génocide »

C’est ce que vient de déclarer Benny Morris, historien israélien, en mettant en avant l’absence d’intention génocidaire. Cependant, depuis le 7 octobre, plusieurs déclarations de personnalités politiques israéliennes montrent le contraire. En voici dix exemples.

Tout d’abord, rappelons que l’article 6 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale définit le génocide comme étant « l’un quelconque des actes ci-après commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, comme tel :
a) Meurtre de membres du groupe ;
b) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;
c) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle ;
d) Mesures visant à entraver les naissances au sein du groupe ;
e) Transfert forcé d’enfants du groupe à un autre groupe »

Il faut donc :
– Un élément psychologique : l’intention de détruire, en tout ou en partie, le groupe. Il faut démontrer que les auteurs des actes ont eu l’intention de détruire physiquement le groupe. Il n’est pas nécessaire que les auteurs soient parvenus à leur fin pour caractériser cet élément.
-Un élément matériel : ce sont les cinq actes énumérés dans le Statut de Rome.

1. « Il n’y aura ni électricité, ni nourriture, ni carburant – tout sera coupé. Nous combattons des animaux humains et nous agissons en conséquence » – Yoav Gallant, ministre de la Défense, 9 octobre 2023.

2. « Seule une explosion qui secoue le Moyen-Orient rétablira la dignité, la force et la sécurité de ce pays ! Il est temps d’embrasser l’apocalypse. Tirer des missiles puissants sans limite. Ne pas détruire juste un quartier. Écraser et anéantir Gaza. Sinon, nous n’avons rien fait. Pas avec des slogans, mais avec des bombes percutantes. Sans pitié ! Sans pitié ! » – Tali Gotlib, député de la Knesset et membre du Likoud, 12 octobre 2023.

3. « Nous nous battrons avec toute notre force contre ces bêtes sauvages, nous les détruirons et les effacerons de la surface de la Terre » – Benjamin Netanyhaou, Premier ministre, 12 octobre 2023.

4. « Tout d’abord, il faut tout couper à Gaza. Je pense que dans cette guerre, il ne faut pas permettre l’aide humanitaire. Il faut leur dire : jusqu’à ce que [les otages] soient libérés, vous pouvez crever de faim. C’est complètement légitime » – Yair Golan, chef du parti travailliste (gauche sioniste) depuis mars 2024, 13 octobre 2023.

5. « C’est toute une nation qui est responsable. La rhétorique sur les citoyens qui ne sont pas impliqués, qui ne sont pas au courant, est absolument fausse » – Yitzhak Herzog, Président de l’État (issu de la gauche sioniste), 13 octobre 2023.
6. « Une bombe atomique sur Gaza est une possibilité dans cette guerre. Nous n’aurions pas aidé les nazis non plus. Il n’y a pas de non-impliqués (innocents) à Gaza » – Amihai Eliyahu, Ministre du Patrimoine, 5 novembre 2023.

7. « Nous sommes maintenant en train d’effectuer la Nakba de Gaza. D’un point de vue opérationnel, il n’est pas possible de mener une simple guerre – comme l’armée israélienne souhaite la mener dans les territoires de Gaza – lorsque les masses se trouvent entre les chars et les soldats » – Avi Dichter,Ministre de l’Agriculture 12 novembre 2023.

8.« Il n’y a pas d’innocents à Gaza. Gaza est un nid de terroristes » – Avigdor Liberman, ancien ministre des Affaires étrangères et chef du parti Israel Beytenou, 3 décembre 2023.

9. « Gaza doit être brûlée. Il n’y a plus d’innocents là-bas, ceux qui restent doivent être éliminés » – Nissim Vaturi, député de la Knesset et membre du Likoud, 10 janvier 2024.

10. « Il n’y a pas de travail à moitié fait. Rafah, Deir al-Balah, Nousseirat – destruction totale » – Bezalel Smotrich, ministre des Finances, début mai 2024.

11. Et une affirmation supplémentaire qui date d’aujourd’hui : « Il est impossible, dans la réalité mondiale actuelle, de mener une guerre. Personne ne nous permettra de laisser mourir de faim 2 millions de citoyens, même si cela peut sembler juste et moral tant que nos otages ne sont pas libérés » – Bezalel Smotrich, 5 août 2024.