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Le piège du désarmement à Gaza

par Muhammad Shehada
20 mai 2026
in Analyses
Reading Time: 15 mins read

Par Muhammad Shehada, écrivain et analyste politique originaire de Gaza, chercheur invité au Conseil européen des relations extérieures. Article originellement publié sur +972 magazine le 29 avril 2026 et reproduit ici avec leur autorisation. Traduction par Thomas Vescovi. 

Les attaques incessantes d’Israël et ses restrictions en matière d’aide ont réduit le cessez-le-feu à une simple farce. Aujourd’hui, Israël subordonne son retrait à la remise de toutes les armes par le Hamas.

Dans un immeuble de plusieurs étages bombardé du quartier de Tal Al-Hawa, à Gaza, mon ami Anas, sa femme et leur fille de 3 ans se sont réfugiés dans un appartement du rez-de-chaussée dépourvu de portes et de fenêtres. La plupart des murs se sont effondrés, en totalité ou en partie, tout comme une grande partie du plafond du salon. Au centre du sol, un trou profond a été creusé par une bombe israélienne de 900 kg qui n’a pas explosé.

L’immeuble est criblé d’impacts de balles. Les deux derniers étages ont été bombardés et pilonnés à plusieurs reprises par des chars et des drones israéliens, et le rez-de-chaussée a été presque entièrement détruit. L’escalier ne relie plus les trois étages supérieurs, exposant l’immeuble à un risque d’effondrement à tout moment. Pour l’instant, il tient encore debout au milieu d’une mer de bâtiments entièrement rasés.

Il n’y a ni électricité, ni eau courante, ni égouts, ni salles de bains en état de fonctionner. La nuit, Anas dort d’un œil ouvert pour surveiller les rats et les souris qui pourraient mordre sa fille. Les mouches, les moustiques et les cafards pullulent également dans le bâtiment, nichant dans les canalisations d’égouts détruites et sous les montagnes de décombres. Pendant la journée, Anas et sa femme passent leur temps à chercher du travail ou de l’aide humanitaire ; leurs succès sont douloureusement rares et à peine suffisants pour les maintenir en vie.

Toute la journée, ils sont hantés par le bourdonnement incessant des drones israéliens qui survolent la région, prêts à tirer pour tuer, ainsi que par les bruits d’explosions, de mitrailleuses et des travaux de démolition qui se déroulent derrière la « ligne jaune » — cette frontière en constante expansion qui marque l’occupation directe par Israël de plus de la moitié du territoire de Gaza, qu’il rasent systématiquement.

C’est en fait la vie de l’une des familles les plus chanceuses de Gaza, car au moins, elles ont un toit au-dessus de la tête. Plus de six mois après la signature du soi-disant « cessez-le-feu », la plupart des Palestiniens de la bande de Gaza vivent toujours dans de fragiles tentes en plastique qui sont inondées quand il pleut, emprisonnent une chaleur étouffante à l’intérieur quand le soleil brille trop fort et risquent d’être emportées par des vents modérés.

Mes amis, ma famille et mes collègues sur le terrain ont accepté de supporter cette situation tant qu’ils croyaient qu’il s’agissait d’une épreuve temporaire sur la voie d’un avenir meilleur. Pourtant, ils prennent de plus en plus conscience de la triste réalité : il n’y a pas de fin en vue aux conditions délibérément invivables qu’Israël a imposées à Gaza.

Alors que la guerre américano-israélienne contre l’Iran accapare l’attention des médias mondiaux et l’énergie diplomatique, et met de fait un terme au « plan de paix pour Gaza » du président Trump, l’enclave assiégée a été pratiquement rayée de l’agenda mondial — reléguée au second plan par les gouvernements occidentaux et régionaux, et rarement mentionnée dans les médias grand public. Mais en coulisses, les discussions se sont poursuivies sur la question du désarmement du Hamas.

Tant le gouvernement israélien que l’administration Trump ont systématiquement présenté cette question comme le principal obstacle à tout nouveau retrait israélien, occultant le fait qu’Israël lui-même n’a pas respecté ses engagements fondamentaux au titre de l’accord. Et ces dernières semaines, l’homme chargé de superviser le processus de désarmement a formulé à l’encontre du Hamas de nouvelles exigences alignées sur la position israélienne, qui semblent conçues pour être inacceptables, torpillant ainsi délibérément le cessez-le-feu et permettant à Israël de poursuivre son génocide sans relâche.

Des promesses non tenues au désarmement total

Dans le cadre de la première phase du cessez-le-feu, le Hamas a accepté de libérer tous les otages israéliens restants en échange de la libération de prisonniers palestiniens, du retrait des forces israéliennes vers la Ligne jaune et de la fin immédiate de « toutes les opérations militaires ».

Après cela, Israël était censé faciliter l’entrée à Gaza d’une Force internationale de stabilisation (ISF) et du Comité national pour l’administration de Gaza (NCAG), d’au moins 600 camions d’aide par jour, ainsi que de 200 000 tentes et 60 000 logements temporaires. À partir de là, les négociations en vue de la deuxième phase du cessez-le-feu — qui comprend de nouveaux retraits israéliens et le désarmement du Hamas — devaient commencer. Pourtant, six mois plus tard, Israël n’a toujours pas respecté sa part du marché.

Depuis le début du cessez-le-feu, l’armée israélienne a tué plus de 750 Palestiniens ; elle a continué à restreindre l’acheminement de l’aide humanitaire ; elle a bombardé Gaza par voie terrestre, aérienne et maritime ; elle a empêché l’entrée de la NCAG ; elle a refusé toute livraison de logements temporaires ; et elle a même limité l’entrée de tentes sous le prétexte ridicule que le Hamas pourrait transformer la maigre quantité d’aluminium en armes, alors que les propres services de renseignement israéliens montrent que le Hamas ne se réarme pas (Israël a simultanément autorisé l’entrée de conserves à Gaza, que le Hamas pourrait tout aussi bien recycler en armes s’il le souhaitait).

Pourtant, dans le brouillard de la guerre contre l’Iran, Israël met en avant une manœuvre simple : une proposition maximaliste visant le désarmement total et unilatéral du Hamas et de tous les autres groupes armés de Gaza — sans aucune garantie ni calendrier pour le retrait israélien, et sans laquelle il n’y aurait pas de reconstruction dans l’enclave. C’est désormais devenu la demande officielle de l’homme chargé des négociations.

« Depuis le début du cessez-le-feu, l’armée israélienne a tué plus de 750 Palestiniens ; elle a continué à restreindre l’acheminement de l’aide humanitaire ; elle a bombardé Gaza par voie terrestre, aérienne et maritime (…) et elle a même limité l’entrée de tentes sous le prétexte ridicule que le Hamas pourrait transformer la maigre quantité d’aluminium en armes. »

La proposition a été transmise au Hamas au Caire à la mi-mars par Nickolay Mladenov, directeur général du Conseil pour la paix du président Donald Trump et haut représentant pour Gaza. Le Hamas connaît Mladenov depuis plus d’une décennie, puisqu’il a occupé le poste de coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Moyen-Orient entre 2015 et 2020, et l’a rencontré régulièrement lors de ses visites à Gaza pour apaiser les tensions avec Israël. Cette fois-ci, cependant, les dirigeants du Hamas ont été choqués par son comportement.

Le Hamas et d’autres factions palestiniennes (dont le Jihad islamique palestinien, le Front démocratique de libération de la Palestine et le Front populaire de libération de la Palestine) ont été invités à une réunion le 14 mars avec des médiateurs égyptiens et qataris sans avoir été informés de la présence de Mladenov ; selon un dirigeant du Hamas présent à la réunion, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat, ils n’en ont été informés qu’une fois arrivés dans la salle de réunion. 

Il a présenté sa proposition oralement plutôt que par écrit, et a exigé une réponse immédiate. Les factions palestiniennes ont demandé un délai supplémentaire pour mener des consultations internes, et il leur a accordé une semaine. Mladenov, qui préside le NCAG (National Committee for the Administration of Gaza), a clairement indiqué qu’il n’autoriserait pas l’organe administratif à entrer à Gaza tant que les factions armées palestiniennes n’auraient pas donné leur accord à son initiative.

La proposition de Mladenov, dont une copie (rédigée par les médiateurs) a été examinée par +972, réécrit entièrement le plan de Trump. Le calendrier de la proposition subordonne la suspension des attaques israéliennes sur Gaza à l’acceptation par le Hamas et les autres factions palestiniennes du principe du désarmement total. De même, Mladenov a fait de l’acceptation du désarmement complet une condition préalable à l’entrée à Gaza tant des ISF que du NCAG, ainsi que de tout logement temporaire.

Le plan prévoit également le désarmement complet des armes lourdes et légères, ainsi que le démantèlement total des tunnels et autres infrastructures militantes dans les 58 % de Gaza actuellement contrôlés par l’armée israélienne, dans un délai de 60 jours. Il exige que le Hamas et les autres factions fournissent toutes les informations sur l’emplacement de leurs infrastructures dans ces zones, sans aucun retrait israélien ni déploiement des ISF. Pendant ces 60 jours, les factions palestiniennes sont également tenues de suspendre toutes leurs activités militantes, y compris les défilés.

« La proposition de Mladenov (…) réécrit entièrement le plan de Trump. Le calendrier de la proposition subordonne la suspension des attaques israéliennes sur Gaza à l’acceptation par le Hamas et les autres factions palestiniennes du principe du désarmement total. »

Du 30e au 90e jour, la « bande de Gaza occidentale », actuellement contrôlée par le Hamas, serait également « débarrassée » de toute arme « lourde ». Les factions palestiniennes devraient remettre l’ensemble de leurs roquettes, fusils et engins explosifs à la NCAG, et autoriser la destruction totale de tous les tunnels et infrastructures militantes — là encore, sans aucun retrait israélien.

Au cours des négociations qui ont précédé le cessez-le-feu d’octobre, les médiateurs américains et arabes avaient établi une distinction entre les « armes offensives » qui constituent une menace pour Israël, comme les roquettes ou les tunnels pénétrant en Israël, et les « armes défensives » telles que les armes à feu pouvant servir à repousser une invasion israélienne mais non à attaquer Israël depuis l’intérieur de Gaza.

La proposition de Mladenov a introduit les termes « armes lourdes » et « armes personnelles ». Toutes les « armes lourdes » — qui incluent même les AK-47 et les Kalachnikovs — devraient être remises d’ici le 90e jour, alors que l’armée israélienne contrôle toujours 58 % de Gaza et pourrait envahir une grande partie du reste en quelques minutes.

Du 91e au 250e jour, les forces de sécurité de la NCAG enregistreraient et collecteraient toutes les « armes personnelles », et ce n’est qu’une fois qu’une commission d’enquête aurait vérifié que Gaza est totalement dépourvue de toute arme – un processus très difficile à réaliser – qu’Israël procéderait à un retrait limité et « progressif » sur une période indéfinie jusqu’à la « ligne rouge », ce qui lui permettrait de conserver le contrôle d’environ 38 % de Gaza.

Selon la proposition de Mladenov, le déblaiement des décombres et la reconstruction ne commenceraient qu’au 251e jour. À partir de ce jour-là, Israël commencerait à se retirer vers un « périmètre de sécurité » qui lui permettrait de garder le contrôle de 20 % de Gaza, y compris une grande partie des terres agricoles de l’enclave. Israël y resterait indéfiniment jusqu’à ce que « Gaza soit véritablement à l’abri de toute résurgence de la menace terroriste », une formulation vague qui pourrait inclure la « déradicalisation » comme condition préalable.

Une formule pour un contrôle permanent

Les factions palestiniennes ont été scandalisées par la proposition de Mladenov. Certaines ont déclaré aux médiateurs qu’elles préféraient ne plus traiter avec lui lors des futures négociations, arguant qu’il « outrepassait » son rôle de coordinateur entre le NCAG et le Conseil de la paix, selon une source du Hamas. Dans un message publié sur X, Basem Naim, haut responsable du Hamas, a qualifié Mladenov de « plus royaliste que le roi » (en référence au fait qu’il a pleinement adopté la position d’Israël) et l’a accusé de « vouloir atteindre [ses] propres fins au détriment de notre peuple et de ses droits légitimes, pour plaire aux Américains et aux Israéliens ».

Deux dirigeants du Hamas, qui se sont exprimés sous couvert d’anonymat, m’ont confié qu’ils considéraient cette proposition comme « catastrophique » et comme une manœuvre de Netanyahou visant soit à relancer la guerre, soit à maintenir Gaza dans une impasse. C’est ainsi qu’après avoir obtenu une prolongation de l’ultimatum initial d’une semaine, le Hamas a transmis sa réponse à Mladenov à la mi-avril : avant toute mesure de désarmement, Israël doit d’abord remplir toutes ses obligations au titre de la première phase de l’accord de cessez-le-feu.

Le Hamas et d’autres factions palestiniennes affirment que s’ils acceptaient le plan de Mladenov, ils ne feraient que faciliter la mise en œuvre du plan israélien visant à mener à bien son génocide. L’inclusion des fusils dans la première phase du désarmement signifierait que les factions palestiniennes seraient incapables de mener une insurrection ou une résistance ; comme me l’a dit un dirigeant du Hamas : « Si Netanyahou changeait d’avis demain à cause des élections [à venir] et décidait d’expulser les Forces de sécurité israéliennes et de reprendre Gaza, il serait capable de le faire en moins de 10 minutes ».

Les factions palestiniennes estiment également que désarmer Gaza alors que les forces israéliennes occupent encore de vastes portions de la bande de Gaza encouragerait davantage le mouvement des colons israéliens et le gouvernement d’extrême droite à commencer à construire des colonies dans les zones contrôlées par l’armée. Des colons armés pourraient alors prendre d’assaut n’importe quelle partie de Gaza et lancer des pogroms comme ils le font presque quotidiennement en Cisjordanie.

Ce qui préoccupe également les factions palestiniennes est le fait que le plan Mladenov confère le monopole de la violence à Gaza au NCAG plutôt qu’à l’Autorité palestinienne (AP) ou à l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), ce qui signifie que les forces de sécurité sur le terrain relèveraient de Mladenov et de Trump plutôt que d’une quelconque instance palestinienne.

« Le Hamas et d’autres factions palestiniennes affirment que s’ils acceptaient le plan de Mladenov, ils ne feraient que faciliter la mise en œuvre du plan israélien visant à mener à bien son génocide. »

Le Royaume-Uni, l’Égypte et l’Arabie saoudite ont plaidé pour que le modèle de l’Irlande du Nord serve de base au désarmement — plutôt qu’au désarmement total — à Gaza. Dans ce cas, le désarmement signifiait que l’Armée républicaine irlandaise (IRA) et l’Ulster Volunteer Force (UVF) n’avaient pas à se rendre ou à déposer les armes comme condition préalable à la paix ; elles ont plutôt enfermé leurs armes dans des dépôts, avec pour règle stricte de ne pas les utiliser ni les exhiber. Les armes ont alors servi de garantie que l’Accord du Vendredi saint de 1998 serait respecté.

Par exemple, en 2001, l’IRA a suspendu son processus de désarmement, affirmant que le gouvernement britannique était revenu sur sa promesse de retirer ses troupes d’Irlande du Nord. Il a fallu attendre 2005 pour que l’IRA se désarme, et 2009 pour que l’UVF fasse de même.

Cet enchaînement s’est en effet avéré essentiel au succès du processus. Comme l’a souligné par la suite l’ancien président irlandais Bertie Ahern, qui a supervisé le désarmement de l’IRA, « le désarmement a finalement été présenté non pas comme une condition préalable à la participation aux négociations, mais comme un résultat nécessaire ».

Le Hamas, tout comme l’IRA, considère ses armes comme la seule garantie du retrait israélien de Gaza. Le groupe a déjà accepté de mettre ces armes sous clé dans des entrepôts et a déclaré que les forces de sécurité du NCAG pouvaient tirer sur ou arrêter tout membre qui utiliserait ou même montrerait une arme en public. Les armes resteraient sous clé pendant cinq à dix ans, voire indéfiniment, et seraient entièrement détruites à la suite de la paix plutôt qu’en tant que condition préalable. 

Le Hamas tentera probablement de conserver autant de son arsenal que possible afin de préserver son pouvoir de négociation, sa cohésion interne et son prestige régional. Cependant, sous la pression croissante des États arabes et face à une profonde impopularité au sein de Gaza, il accepterait presque certainement un cadre de désarmement à la manière de l’Irlande du Nord afin de contourner les exigences maximalistes d’Israël en matière de capitulation totale.

Netanyahu a toutefois insisté sur le fait que le désarmement implique la reddition immédiate et la destruction de 60 000 armes légères à Gaza. 

Les Émirats arabes unis ont également insisté pour un désarmement complet et total de Gaza afin de s’assurer que le Hamas — qu’ils considèrent comme une branche des Frères musulmans — n’ait aucune chance de reprendre le pouvoir ou de s’y maintenir, et de faire de ce groupe un exemple dissuasif pour les partisans de la résistance dans la région. Les Émiratis estiment également que cela porterait un coup à l’« Axe de la résistance » de l’Iran.

Mais cette exigence est cynique. Si le Hamas la rejette, cela signifie qu’il sera tenu pour responsable du sort funeste de Gaza. Mais même si le groupe l’accepte, le processus de collecte de toutes les armes légères à Gaza est complexe et pratiquement impossible à vérifier. 

Plusieurs tribus et clans sont armés, aux côtés de plusieurs factions plus petites et plus radicales que le Hamas. De plus, pendant le génocide perpétré par Israël, des armes légères sont tombées entre les mains de criminels, de gangs ou d’individus pris au hasard dans le chaos. Israël peut toujours prétendre disposer de renseignements sur une cellule armée laissée sur place ou sur des AK-47 non encore collectés, et s’en servir comme excuse pour maintenir son occupation de Gaza.

« Les Émirats arabes unis ont également insisté pour un désarmement complet et total de Gaza afin de s’assurer que le Hamas — qu’ils considèrent comme une branche des Frères musulmans — n’ait aucune chance de reprendre le pouvoir ou de s’y maintenir, et de faire de ce groupe un exemple dissuasif pour les partisans de la résistance dans la région. »

Dans ce contexte, Mladenov porte trois casquettes. Outre ses fonctions de Haut Représentant, il est chercheur invité au Washington Institute for Near East Policy, un groupe de réflexion pro-israélien soutenu par l’AIPAC. Il est également directeur général de l’Académie diplomatique Anwar Gargash aux Émirats arabes unis.

S’exprimant sous couvert d’anonymat, deux sources proches du NCAG ont déclaré à +972 que Mladenov avait fait des commissaires du NCAG des « prestataires » de l’Académie Anwar Gargash, ce qui signifie qu’ils perçoivent leur salaire directement de cette dernière. Une autre source proche du chef du NCAG, Ali Shaath, a indiqué que chaque commissaire du NCAG percevait un salaire d’environ 18 000 dollars par mois.

Malgré cette rémunération lucrative, ces commissaires constituent essentiellement un gouvernement en exil qui n’existe que sur le papier. Plus de 100 jours après la création du NCAG, ils restent dans l’ignorance même sur les moindres détails, tels que l’emplacement de leurs bureaux ou l’endroit où ils vivraient et passeraient la nuit s’ils entraient à Gaza. Leur légitimité et leur popularité dans la rue s’amenuisent rapidement.

Pour les Gazaouis, quant à eux, Israël et ses alliés ont fait du désarmement une condition préalable à la survie, exigeant qu’ils cèdent leur seul moyen de pression alors que les chars israéliens restent sur leur sol et que ses drones bourdonnent au-dessus de leurs têtes. Ce n’est pas une voie vers la reconstruction ; c’est un piège déguisé en langage diplomatique, une formule d’asservissement permanent où les Palestiniens doivent prouver leur impuissance absolue et vérifiable avant même qu’Israël ne fasse semblant de se retirer.

Les souffrances de Gaza ne sont pas un moyen de pression dans les négociations ; c’est un crime. Et tant que le monde ne l’aura pas reconnu comme tel — sans conditions préalables, sans réserve et sans exiger d’abord des victimes qu’elles renoncent à la dernière chose qui les protège de l’extermination — Anas et sa famille, ainsi que des milliers d’autres comme eux, resteront exactement là où ils sont : pris au piège à la merci des éléments, dans l’attente d’une justice qui connaît leur adresse mais refuse de frapper à leur porte.

Tags: GazaGénocideHamasIsraëlTraduction

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