La vie pour les Palestinien.nes habitant en Cisjordanie est quotidiennement rendue difficile par l’occupation israélienne et ses dispositifs de contrôle. Nous nous penchons ici sur ces principaux dispositifs.
Dispositifs de contrôle de l’armée (n. m. pl.) : ensemble des systèmes, équipements et procédures mis en oeuvre par les forces armées pour surveiller, filtrer et gérer les flux de personnes, de véhicules et de marchandises dans une zone spécifique (checkpoints, bases, frontières). Ces dispositifs visent à prévenir les menaces, à contrôler les accès et à garantir l’intégrité des opérations militaires. Ils combinent technologie (capteurs, caméras, drones) et présence humaine.
Les zones
La Cisjordanie est séparée en trois zones par les accords d’Oslo : la zone A (18 %) officiellement sous la gestion de l’Autorité palestinienne, la zone B (22%) co-administrée par l’armée israélienne et l’Autorité palestinienne, qui dans les faits ne détient aucune forme de souveraineté réelle, et la zone C (60%) entièrement sous le contrôle d’Israël. Le territoire est donc contrôlé à majorité par les Israélien.nes qui pratiquent un système de ségrégation selon la population. Les Palestinien.nes sont soumis au droit de l’occupation militaire tandis que les colons répondent du droit civil israélien.
Le système de permis
En 1981, un organisme militaire est chargé d’administrer temporairement les territoires palestiniens occupés : le Coordinateur des activités gouvernementales dans les territoires (COGAT). En 2022 il passe sous contrôle civil, montrant sa pérennisation et la volonté de faire durer l’occupation. La COGAT s’occupe d’octroyer toute sorte de permis individuels : permis de travail, permis pour entrer à Jérusalem-Est, permis pour passer certains checkpoints, permis pour accéder à certaines zones (vallée du Jourdain, enclaves entre le mur et la Ligne verte, Israël), permis médicaux, religieux, étudiants, permis de construction en zone C. Cet outil restreint la mobilité des Palestinien.nes puisque le processus d’acceptation d’un permis est opaque, arbitraire, et conditionne les déplacements et l’accès aux ressources.
Les checkpoints et obstacles
Circuler en Cisjordanie pour les Palestinien.nes peut être extrêmement difficile en raison d’obstacles de tout genre : checkpoints, barrages, routes fermées, etc. L’OCHA compte, début 2023, 565 obstacles, dont 49 checkpoints avec présence militaire ou d’une compagnie privée de sécurité systématique et 139 occasionnellement dotés de personnel, 304 barrages routiers, tas de terre et barrières et 73 murs de terre et tranchées. En 2022, on enregistre une moyenne de 4 « checkpoints volants » déployés par semaine en Cisjordanie par les forces israéliennes (OCHA). Ces dispositifs fragmentent le territoire et ralentissent les mobilités. Certains sont permanents et d’autres apparaissent arbitrairement.
Séparation des réseaux routiers
Plusieurs routes sont interdites aux Palestinien.nes. Ce sont pour la plupart des routes qui lient les colonies à Israël. Selon B’Tselem, 40,2 km en tout sur une dizaine de routes ne peut être emprunté par les Palestinien.nes (chiffres de 2017). De plus, certaines routes sont soumises à des jours de fermeture arbitraires. Ces dispositifs obligent les Palestinien.nes à passer par des routes secondaires qui allongent leur trajet de parfois plusieurs heures et produisent une géographie ségréguée de la mobilité. Le caractère arbitraire des fermetures empêche l’anticipation et laissent les Palestinien.nes à la merci du bon vouloir d’Israël quotidiennement.
Le Mur de l’apartheid
L’État israélien entame illégalement la construction d’un mur pour séparer la Cisjordanie d’Israël en 2002 le long du territoire palestinien. Il ne respecte par la ligne d’armistice tracée par l’ONU en 1949 et environ 85 % du Mur se trouve en Cisjordanie occupée, créant des enclaves palestiniennes entre le mur et la Ligne verte.
Présence militaire
Les checkpoints sont investis par une présence militaire qui surveille et fouille les voitures, contrôle les papiers, et se réserve le droit de refuser le passage. Ils sont également présents le long du mur. Le nombre de checkpoints dotés de personnel a augmenté en 2023 de 35 %, et de 8 % concernant les barrages routiers. En 2022, on compte 293 jours où des checkpoints non permanents étaient dotés de personnel militaire. Des patrouilles sont également récurrentes et les axes routiers et les villages sont constamment surveillés. L’armée « protège » systématiquement les colons et n’hésite pas à être violente contre les Palestinien.nes.
Destructions
L’armée israélienne utilise régulièrement la destruction des biens comme punition collective y compris dans les zones A et B. De janvier à avril 2023, 291 structures avaient été démolies causant le déplacement de 415 personnes.
Contrôle des marchandises
Aux checkpoints les marchandises sont systématiquement inspectées et les Palestinien.nes sont obligés de procéder au “back-to-back”. Il s’agit de décharger d’un côté du checkpoint toute la marchandise pour la recharger de l’autre côté sur un autre camion. Ce dispositif ralentit considérablement les trajets des camions et empêche l’économie palestinienne de se développer.
Fragmentation territoriale
Certaines zones palestiniennes sont enclavées entre des zones israéliennes, rendant la mobilité de leurs habitant.es extrêmement compliquée en raison des nombreux contrôles imposés pour rejoindre une autre zone palestinienne. Les villes sont souvent séparées des campagnes et certaines terres ne sont accessibles que deux fois par an selon le bon vouloir des autorités israéliennes. Cette difficulté de déplacement impacte l’accès aux besoins primaires : santé, travail, éducation.
Sources :
OCHA
Plateforme Palestine
B’Tselem
Oxfam France
© 2026 Yaani Mentions légales.
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