Depuis mi-novembre, Gaza est frappée par d’importantes inondations hivernales, alors que la quasi-totalité de la population de l’enclave a été déplacée. Selon le dernier rapport des Nations unies, 1,6 million de personnes, soit 75% de la population, sont encore confrontés à un niveau extrême d’insécurité alimentaire et de malnutrition.
À l’approche de l’hiver, 1,5 million de Palestinien·nes de Gaza vivent dans des tentes abimées n’offrant aucune protection contre le froid glacial. Ces inondations arrivent alors que le système d’égouts a été gravement endommagé, faisant ainsi remonter des eaux usées à la surface, aggravant la situation sanitaire déjà préoccupante. Les systèmes de pompes habituellement utilisés à Gaza ne peuvent pas être utilisés à cause du manque de carburant.
Le 11 décembre, Rahaf Abu Jafar est morte. Ce nourrisson de huit mois a succombé à l’hypothermie dans un camp de déplacé·es. La Protection civile indique également que dans ces camps, plusieurs familles se sont noyées. Pour faire face à cette catastrophe humanitaire absolue, il faudrait approximativement que 300 000 tentes et mobile homes puissent entrer dans la bande de Gaza pour assurer les standards minimaux de dignité humaine pour les habitant·es de ces camps.
Les tentes et mobile homes sont pourtant disponibles, de l’autre côté du mur de fer qui sépare Gaza et Israël. Malgré l’accord de cessez-le-feu du 10 octobre 2025 – qui prévoyait l’entrée d’au minimum 600 camions d’aide humanitaire par jour – seulement une moyenne de 145 camions par jours entrent dans Gaza, selon les autorités du territoire. Israël refuse donc sciemment de faire entrer ce matériel pourtant nécessaire à la survie des Palestinien·nes. Israël refuse également l’entrée de matériel médical pourtant essentiel à une population qui subit un génocide depuis plus de deux ans. Sans surprise, très peu de matériel de construction est entré dans l’enclave, ne permettant pas la reconstruction d’infrastructures basiques, comme les hôpitaux ou les écoles.
Par ailleurs, le nombre insuffisant de camions entrant dans la bande de Gaza ne permet pas d’assurer les besoins alimentaires de la population, qui reste largement sous nourrie. Rappelons que le blocus imposé par Israël sur la bande de Gaza est tout simplement illégal en droit international.
Le génocide est toujours en cours : selon la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948, la « soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle » constitue l’un des cinq actes du génocide. En forçant les Palestinien·nes de Gaza à subir ces conditions de vie inhumaines, Israël poursuit donc sa guerre génocidaire entamée le 7 octobre 2023.
En plus de ces conditions de vie inhumaines, les meurtres et les tueries de Palestinien·nes continuent, ce qui constitue le premier acte de la convention précédemment citée. Depuis le 10 octobre 2025, Israël a violé le cessez-le-feu une centaine de fois, tuant au moins 391 Palestinien·nes et en blessant 1 063 autres.
La majorité de ces violations ont lieu autour de la « ligne jaune ». Cette ligne sépare le territoire pour distinguer l’absence (à l’ouest) de la présence (à l’est) de l’armée israélienne. Cette dernière comprenant plus de 50% du Territoire palestinien selon l’accord de cessez-le-feu du 10 octobre. Le marquage au sol de cette ligne est largement insuffisant, mais Israël a plusieurs fois tué des Palestinien·nes qui franchissent cette ligne, invoquant des pretextes de « lutte contre le terrorisme » ou de « mise en sécurité des soldats de Tsahal ». C’est le cas de Fadi et Jumaa Abu Assi, deux garçons de huit et dix ans, allés chercher du bois pour leur père paralysé en fauteuil roulant qui leur préparait un petit déjeuner, tués par un drône israélien.
Par la poursuite du génocide, le gouvernement israelien entend parvenir à son objectif central : le nettoyage ethnique du territoire et donc la disparition de toute présence palestinienne.
Dans ses velléités expansionniste, Israël a également déplacé plusieurs blocs de bétons séparant l’enclave, afin de gagner du territoire à Gaza, déplaçant de force une énième fois les Palestinien·nes résidant dans les quartiers annexés.
Ce contexte affolant n’impacte en rien l’attitude des puissances occidentales envers Israël, qui dispose toujours d’un blanc seing colonial pour continuer ses exactions à Gaza. Pourtant, depuis l’ordonnance du 26 janvier 2024 de la Cour internationale de justice – reconnaissant le risque plausible de génocide dans la bande de Gaza –, un régime jurique particulier s’est déclenché. Tous les États ont l’obligation de tout faire pour prévenir, empêcher et réprimer le crime de génocide. La France et les États occidentaux n’ont pas mis en œuvre ces obligations, qui auraient impliqué la mise en place de sanctions économiques bilatérales envers Israël, de sanctions envers les dirigeants israéliens, de renégociations vis-à-vis des accords d’association, ou d’embargos sur les armes.
En laissant les Palestinien·nes mourir, les États qui n’ont pas sanctionné Israël permettent l’aboutissement de cette guerre génocidaire en toute impunité.
© 2026 Yaani Mentions légales.
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