Par Ryan Tfaily, journaliste indépendant, diplômé de Sciences Po Paris et de l’EHESS.
La guerre israélienne contre le Hezbollah et la société libanaise à l’automne 2024 a laissé place à ce qui s’apparente de plus en plus à une occupation du sud du territoire libanais par Israël. Officieuse, s’appuyant sur des dispositifs à la fois anciens et inédits, cette occupation d’un genre nouveau s’installe dans la durée et normalise un état de guerre permanent. L’analyse de ce modèle de contrôle territorial et social appliqué au Liban aide à mieux rendre compte du projet expansionniste israélien dans la région.
L’accord de « cessez-le-feu » conclu entre Israël et le Hezbollah le 27 novembre 2024 n’a non seulement pas mis fin aux attaques israéliennes contre le territoire libanais ; mais il a surtout offert à Israël la possibilité de maintenir un contrôle sur les territoires et les populations situés entre le sud du fleuve Litani et la frontière israélo-libanaise. Depuis la signature de l’accord, on dénombre environ 130 civils libanais tués par l’armée israélienne.
Le maintien d’un contrôle israélien – à la fois aérien et terrestre – sur le Sud-Liban contribue à reconfigurer durablement cette région frontalière aux avantages de Tel Aviv. De manière unilatérale, Israël impose aux Libanais de nouvelles frontières, à travers une série de dispositifs dont certains rappellent ceux mis en place dans d’autres territoires occupés par l’armée israélienne, en particulier la Cisjordanie ou le Golan syrien.
Ces similitudes, toutefois, ne doivent pas éluder le caractère inédit de l’occupation officieuse qui se pérennise au Sud-Liban. Celle-ci s’appuie désormais sur deux mécanismes nouveaux que sont la surveillance aérienne et la menace psychologique permanente d’une escalade de haute intensité, à même de peser sur la configuration politique libanaise et de miner la crédibilité du gouvernement de Beyrouth.
Le Sud-Liban, territoire dans le viseur d’Israël
Le territoire situé sous le fleuve Litani n’a cessé de connaître, depuis sept décennies, des reconfigurations spatiales et politiques, liées aux bouleversements géopolitiques dans la région. Avant même la création de l’État d’Israël, les dirigeants sionistes formulent, dès les années 1920, des revendications territoriales qui incluent le Sud-Liban, une région riche en ressources agricoles et hydrauliques. Ils se heurtent toutefois au refus catégorique de la France, alors puissance mandataire au pays du Cèdre.
Le tracé des frontières du nouvel État juif en Palestine n’inclut finalement pas cette partie territoriale convoitée par le mouvement sioniste. La démarcation Paulet-Newcombe, résultant d’un accord entre les gouvernements britannique et français en 1923, sert de ligne d’armistice entre le Liban et Israël à partir de 1948.
Plus ou moins prégnante au gré des périodes, l’idée d’absorber le sud du territoire libanais n’a jamais véritablement disparu des milieux politiques et sécuritaires en Israël. Elle fait converger entre elles la doctrine de la « zone tampon », chère aux élites sécuritaires israéliennes, qui privilégient systématiquement l’usage de la force sur leurs voisins pour sécuriser leurs frontières ; et l’ambition territoriale du Grand Israël, matrice idéologique de la droite israélienne.
Les invasions israéliennes de 1978, et surtout celle de 1982, témoignent de ce double objectif et contribuent à remodeler l’espace sud-libanais. En envoyant ses troupes à la conquête du Liban, Menahem Begin, alors Premier ministre issu du Likoud, entend à la fois écraser l’Organisation de Libération de la Palestine qui opère depuis le territoire libanais, et agrandir les frontières d’Israël selon une vision messianique.
L’occupation israélienne du Sud-Liban, qui dure près de 22 ans, se révèle pourtant coûteuse pour Tel Aviv. Malgré l’aide de l’Armée du Liban Sud, un groupe de supplétifs libanais qui agit pour le compte de l’armée israélienne, cette dernière se heurte à la pression militaire exercée par le Hezbollah, une organisation politico-militaire née peu après l’invasion de 1982, soutenue par l’Iran et déterminée à renvoyer l’envahisseur de l’autre côté de la frontière.
En mai 2000, suite au retrait unilatéral israélien, la contestée « Ligne bleue », tracée par l’ONU et délimitant l’espace israélien de celui libanais, devient caractéristique d’une « géographie politique post-conflit », selon la formule du sociologue Daniel Meier. Adoptant une approche constructiviste des frontières (bordering), ce dernier souligne que la production socio-politique de la frontière israélo-libanaise, depuis 2000, continue d’être marquée par la relation antagoniste entre le Hezbollah et Israël, ainsi que par la médiation d’autres acteurs, à l’instar de la FINUL.
Côté israélien, l’abandon du contrôle territorial direct ne signifie pas la fin de la projection militaire et politique sur le Sud-Liban. Des années 2000 et jusqu’au 7 octobre 2023, la doctrine adoptée par l’establishment israélien, aussi bien au Sud-Liban que dans d’autres territoires, comme à Gaza, se fonde sur le management sécuritaire du conflit et sur la « dissuasion ». Cette routine cynique, qui consiste à mener des campagnes militaires ponctuelles en s’appuyant sur une supériorité aérienne, est censée « affaiblir » régulièrement l’ennemi.
Peu coûteuse pour les militaires israéliens, terrible pour les civils libanais, elle entre en application en juillet 2006, lors de la « guerre des 33 jours » d’Israël contre le Liban. En dépit de bombardements brutaux et ininterrompus sur l’ensemble du territoire libanais, en particulier ceux de la banlieue sud de Beyrouth, de la Bekaa et du Sud-Liban, Israël ne parvient pourtant pas à atteindre les capacités militaires du Hezbollah. Dans les derniers jours du conflit, l’échec de l’invasion terrestre décidée par l’état-major israélien laissera un fort sentiment d’amertume de l’autre côté de la frontière.
Le Sud-Liban, à nouveau investi par Israël
L’ouverture d’un front de soutien au Hamas par le Hezbollah, le 8 octobre 2023, donne l’occasion à Tel Aviv de prendre sa revanche et de rompre le statu quo qui prévalait dans l’espace frontalier depuis 2000.
Si les échanges de tirs restent d’abord contenus lors de la première année du conflit, Israël, déterminé à poursuivre sa campagne génocidaire contre la bande de Gaza et à remodeler par la force le Proche-Orient, choisit l’option de l’escalade dès l’été 2024.
« Au-delà de l’objectif de dégrader les capacités du Hezbollah, cette guerre israélienne contre le Liban cache une velléité de revanche sur le retrait de 2000 et l’échec de 2006. »
Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou, comptant sur le soutien indéfectible des deux administrations américaines qui se succèdent durant cette période – celles de Joe Biden et de Donald Trump – orchestre l’attaque des bipeurs les 17 et 18 septembre 2024, avant d’ordonner l’assassinat du chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, le 27 septembre, puis de lancer une nouvelle offensive terrestre trois jours plus tard. Profitant du renseignement acquis au cours de la dernière décennie, l’armée israélienne parvient à tuer une majeure partie des cadres politico-militaires du groupe et à l’affaiblir.
Au-delà de l’objectif de dégrader les capacités du Hezbollah, cette guerre israélienne contre le Liban cache une velléité de revanche sur le retrait de 2000 et l’échec de 2006. Elle a pour but d’imposer une nouvelle réalité territoriale et de maintenir un ascendant sur toute une partie du territoire libanais.
De fait, la signature d’un accord de « cessez-le-feu », en novembre 2024, a substitué à la guerre de haute intensité un contrôle territorial, aérien et social du Sud-Liban. Présenté comme temporaire, ce qui s’apparente de plus en plus à une nouvelle forme d’occupation pérenne s’inscrit dans les stratégies musclées de Tel Aviv depuis le 7 octobre 2023 et à son expansionnisme territorial.
Reconfigurer l’espace, imposer de nouvelles frontières
À première vue, le redéploiement israélien rappelle à la fois les modalités de l’occupation de 1978-2000 et certains dispositifs présents dans d’autres territoires occupés par l’armée israélienne, comme la Cisjordanie. Il s’appuie notamment sur le retour de la doctrine de la « zone tampon », abandonnée lors du retrait de 2000.
Ce réflexe consiste à marquer l’empreinte physique dans un territoire déshumanisé, vidé de sa complexité et de ses habitants, au profit d’une pure projection militaire. Illégale et attentant à la souveraineté des pays voisins, la « zone tampon » impose de facto de nouvelles frontières, quand tout est fait pour rendre la vie des populations locales impossible. Il s’agit, pour Israël, de remodeler l’espace à son avantage, en empêchant tout contact entre ses localités et celles du Sud-Liban frontalier.
En violation de l’accord, l’armée israélienne continue d’occuper cinq points dans des villages libanais frontaliers, le long de la Ligne Bleue : la colline de Tallet el-Hamames à l’est, la route de Markaba-Houla, Jal el-Deir, Jabal Blat et Labbouné. L’armée y construit des fortifications militaires, faites de remblais de terre et d’amas de matériaux, reflétant des velléités d’occupation durable. Ces bases, d’environ un à deux hectares, abritent des bâtiments et des véhicules militaires.
« Depuis la signature de l’accord, l’armée israélienne poursuit les démolitions d’habitations afin d’étendre la zone inhabitable, au cours d’incursions terrestres. »
Elles permettent à Tel Aviv de contrôler l’ensemble des villages frontaliers, et donnent surtout l’opportunité à son armée de conduire des incursions et des raids terrestres quand bon lui semble. Une situation qui rappelle, à un degré certes moindre, l’occupation de la Cisjordanie ou du Golan syrien. En octobre 2025, au cours d’une incursion israélienne dans le village de Blida, les troupes d’occupation ont ainsi tué un employé de la municipalité frontalière.
La politique de la terre brûlée, en vigueur depuis des décennies en Palestine, est à son tour appliquée dans la bande frontalière israélo-libanaise. Les villages frontaliers ont été rasés pendant la guerre, dans une stratégie de la tabula rasasemblable à celle adoptée – avec une intensité autrement plus importante – sur l’ensemble du territoire gazaoui.
Or, depuis la signature de l’accord, l’armée israélienne poursuit les démolitions d’habitations afin d’étendre la zone inhabitable, au cours d’incursions terrestres.
Pour empêcher tout retour des populations et rendre le territoire invivable, l’aviation israélienne n’hésite pas à avoir recours à l’arme de l’écocide, en larguant du glyphosate à haute intensité, ou à viser, sur l’ensemble du territoire sud-libanais, des outils pouvant servir à la reconstruction.
Unilatéralement, Israël parvient ainsi à imposer aux Libanais de nouvelles frontières, en détruisant systématiquement l’espace. D’autant que l’armée israélienne poursuit ses bombardements bien au-delà de la seule zone frontalière et même au-dessus du fleuve Litani. Elle détruit des maisons civiles, en particulier dans le district de Nabatiyeh, provoquant toujours plus de déplacements de populations et contribuant, là aussi, à dépeupler le territoire.
Notablement, à la différence des occupations précédentes, cette « zone tampon » de facto n’a pas besoin, côté israélien, d’être déclarée. Elle prend place par la seule force, sur le terrain, à travers des opérations quotidiennes qui reconfigurent sans cesse le territoire.
Le contrôle par les airs
Mais ces continuités historiques cachent en fait une occupation d’un genre inédit. Contrairement à celle de 1978-2000, l’occupation qui s’installe actuellement au Sud-Liban se passe désormais de troupes au sol : elle s’impose depuis les airs. La technologie de pointe, qui téléguide le contrôle spatial et social des populations, évite ainsi à Israël de perdre des soldats sur le champ de bataille.
Cette « occupation automatisée », comme l’ont appelée les analystes Mohanad Hage Ali et Mohamad Najem dans une note pour le Carnegie Middle East Center, se sert de l’usage intensif de drones. « À bien des égards, le Sud-Liban est devenu un terrain d’essai pour des nouvelles capacités de drones, telles que l’occupation à distance au lieu de déployer des troupes sur le terrain », relèvent les deux analystes.
Les drones qui survolent en permanence le territoire sud-libanais – et, dans une moindre mesure, le reste du Liban – remplissent deux fonctions.
Ils permettent premièrement de poursuivre les activités d’espionnage et de mener, avec une liberté totale d’action en dépit du cessez-le-feu, des frappes sur des cadres du Hezbollah, militaires et civils.
Ils fonctionnent deuxièmement comme des outils de surveillance de masse de l’ensemble de la population sud-libanaise, voire comme des outils de contrôle direct. Les réseaux sociaux libanais regorgent d’anecdotes, parfois accompagnées de vidéos, relatant la vie quotidienne sous la surveillance omniprésente des drones. Ces derniers s’immiscent directement dans la vie privée des individus, leur intimant d’immobiliser leurs véhicules, les suivant dans leurs exercices quotidiens ou lors de funérailles. Mentionnons, à titre d’exemple, cette vidéo ayant récemment fait le tour de la toile libanaise : on y voit un drone israélien survoler trois hommes venus se recueillir sur la tombe de leur proche, dans un cimetière du village de Kfar Kila.
Ce régime de surveillance, testé auparavant dans les territoires palestiniens occupés, exerce ainsi une pression psychologique constante sur les populations. Il leur rappelle qu’elles sont épiées, et qu’elles ne sont plus tout à fait chez elles, dans un territoire où Israël entend marquer son emprise.
Le drone devient un instrument d’ingénierie démographique, à même de produire des frontières invisibles et d’imposer, depuis les airs, des zones inhabitables, sans avoir besoin de les marquer au sol.
De la frontière au centre : l’occupation comme levier politique
Cette forme particulière de contrôle, mélangeant diverses stratégies frontalières et aériennes, a enfin pour objectif et pour effet de peser sur la configuration politique libanaise.
Historiquement, les guerres et occupations israéliennes au Liban ont toujours été associées à des velléités d’ingérence politique.
En 1982, Menahem Begin souhaite remettre les clés du pays à un président chrétien allié, avec lequel signer un accord de normalisation, alors que le Liban est en proie à une guerre civile depuis sept ans. L’offensive de 2006 survient quant à elle avec le soutien d’une administration néoconservatrice aux États-Unis, qui pense pouvoir faire basculer le Liban dans l’orbite israélo-étasunienne en affaiblissant le Hezbollah, un après la fin de l’occupation et de la tutelle syriennes. Condoleezza Rice, alors secrétaire d’État, croit ainsi déceler, derrière les bombardements de civils à Beyrouth, « les affres de la naissance d’un nouveau Moyen-Orient ».
À l’automne 2024, en pleine guerre, Benyamin Nétanyahou exhorte lui-même les Libanais « à se soulever contre le Hezbollah » en les menaçant de réduire leur territoire de vie à « un nouveau Gaza ».
Or, depuis la signature du cessez-le-feu, le Liban a enfin retrouvé, après une vacance de deux ans, un président de la République, Joseph Aoun, chef de l’armée libanaise, et dans la foulée, un nouveau premier ministre, Nawaf Salam. Le tandem, ayant suscité une vague d’espoirs lors de sa nomination, agit dans un contexte marqué par les ingérences israélo-américaines et la demande de changement de la société libanaise. Outre des réformes dans le secteur financier, il s’est engagé à désarmer les groupes armés non étatiques, dont le Hezbollah.
Ce processus, présenté par Beyrouth comme une réaffirmation de l’autorité et de la souveraineté de l’État sur l’ensemble du territoire, est dans les faits saboté par l’occupation et la pression militaire israéliennes, ainsi que par celle politique de Washington.
Outre qu’ils contribuent, aux yeux d’une partie des Libanais, à renflouer la légitimité de la mission armée du Hezbollah, le maintien israélien au Sud-Liban et la perpétuation des attaques minent la crédibilité du gouvernement de Beyrouth. Ils affaiblissent sa souveraineté, et le font apparaître, pour une partie des Libanais, comme agissant pour le compte de puissances étrangères – en contradiction avec l’objectif de réaffirmation de l’autorité de l’État.
« À l’automne 2024, en pleine guerre, Benyamin Nétanyahou exhorte lui-même les Libanais “à se soulever contre le Hezbollah” en les menaçant de réduire leur territoire de vie à “un nouveau Gaza”. »
Cette stratégie d’affaissement et d’humiliation de l’autorité libanaise, qui évoque celle mise en œuvre – certes dans un autre contexte – contre l’Autorité palestinienne, est en outre alimentée par la liberté d’action dont dispose l’armée israélienne au Liban. Certaines de ses attaques au Sud fonctionnent comme des messages directs envoyés au Centre, à Beyrouth. Le 7 février 2026, le premier ministre Nawaf Salam se rend ainsi au Sud-Liban, à la rencontre des habitants encore sinistrés qui l’accueillent dans un esprit de dialogue. Le lendemain, l’armée israélienne conduit une incursion dans le village de Hebbariyé, afin de capturer un responsable de la Jamaa Islamiya, un groupe proche du Hamas palestinien. Une opération condamnée par les autorités libanaises et perçue comme un message leur signalant que le Sud-Liban n’est pas sous la souveraineté de l’État.
Tout en prétendant vouloir sécuriser sa frontière nord, le gouvernement israélien empêche ainsi une affirmation de la souveraineté libanaise. Il mise, en guise de relation avec son voisinage, sur une tutelle exercée auprès d’États maintenus les plus faibles possibles.
D’autant que la menace d’escalade permanente entretenue par les responsables israéliens et l’empêchement de toute reconstruction, tant par le ciblage israélien des outils de reconstruction que par le véto américain, participent également à entraver l’action de Beyrouth.
La politique agressive d’Israël, en totale violation de la souveraineté du Liban, pourrait servir, in fine, de levier afin de forcer son voisin du Nord à une normalisation – un possible retrait des cinq points stratégiques pouvant être monnayé contre une normalisation forcée, dont l’immense majorité des Libanais ne veulent pas.
Un Grand Israël mouvant au Proche-Orient
Imposition de frontières arbitraires par le retour de la « zone tampon », contrôle et surveillance aérienne, menace constante d’escalade et ingérence politique pour maintenir un État faible sur fond de liberté d’action militaire : le modèle de contrôle appliqué par Israël au Sud-Liban n’est qu’une incarnation de l’expansionnisme israélien post 7 octobre 2023 à l’échelle régionale.
Un grignotage similaire du territoire et les mêmes ingérences politiques sont mis en œuvre dans le sud de la Syrie, où l’armée israélienne a étendu son occupation du Golan au-delà de la ligne de cessez-le-feu de 1974, dès la chute du régime dictatorial de Bachar al-Assad. Là-aussi, les soldats israéliens imposent à la population locale un régime d’occupation utilisant les mêmes techniques de répression que celles mises en place en Cisjordanie. L’arme de l’écocide, visant à dépeupler le territoire, y également employée par l’aviation israélienne.
Dans les territoires palestiniens occupés, Gaza, Cisjordanie – en passe d’être totalement annexée – et Jérusalem-Est – déjà annexé –, la situation diffère par sa nature et son intensité, tant l’implacable colonialisme de peuplement qui s’y déploie est entré dans une phase d’anéantissement total. Notons qu’à Gaza, Israël utilise aussi la « ligne jaune », censée démarquer l’espace que son armée occupe de la zone sous contrôle du Hamas, afin de déplacer arbitrairement les frontières et nettoyer ethniquement le territoire.
On assiste ainsi à une homogénéisation de l’expansionnisme israélien, de son modus operandi et de ses technologies de répression, sur toutes les frontières d’Israël. S’installe progressivement mais sûrement et durablement un Grand Israël, qui grignote les territoires en maintenant une ceinture de feu autour de lui, redéfinit les frontières, dépeuple des zones entières et contrôle les individus par la puissance militaire et les technologies de pointe, sans horizon politique autre que la normalisation d’un état de guerre permanent.












