Par Alexandre Ribere, responsable des relations avec les élu·es au sein de l’association France Palestine Solidarité-AFPS.
Des prises de parole aux votes, en passant par les propositions de lois ou résolutions, la question palestinienne s’est régulièrement retrouvée au cœur des débats parlementaires depuis 2023. Plus qu’ailleurs, ce sont dans les deux chambres du Parlement (Assemblée nationale et Sénat) que se révèlent les clivages politiques sur le Proche-Orient.
Le 4 mai 2023, la journée parlementaire du groupe Gauche Démocrate et Républicaine (GDR) s’ouvrait sur leur proposition de résolution « condamnant l’institutionnalisation par Israël d’un régime d’apartheid à l’encontre du peuple palestinien ». Avec l’appui des voix écologistes et insoumises, les parlementaires communistes et ultramarins ne recueillaient que 71 voix contre 199.
Le texte initié par le député Jean-Paul Lecoq (PCF) portait trois revendications : la reconnaissance par la France du régime d’apartheid imposé par l’État israélien, l’arrêt de la criminalisation du mouvement Boycott, Désinvestissement Sanctions (BDS), et la reconnaissance par la France de l’État de Palestine, votée une décennie plus tôt par les deux chambres du parlement français.
Les nombreuses interventions ce jour-là ont révélé des clivages que nous retrouverons quasi systématiquement, chaque fois que l’Assemblée ou le Sénat seront amenés à évoquer le peuple palestinien durant les trois années qui suivront.
D’un côté, trois groupes de gauche, à savoir communistes, écologistes et insoumis, qui s’illustrent par leur soutien à la résolution. De l’autre, un autre bloc se dessine autour de trois pôles incarnés par les interventions en hémicycle de trois groupes parlementaires. D’abord, Aurore Bergé, alors présidente du groupe Renaissance (aujourd’hui ministre déléguée auprès du Premier ministre, chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations) s’aligne constamment sur une défense quasi aveugle d’Israël. Ensuite, les députés du Rassemblement National Hélène Laporte et Julien Odoul qui jonglent habilement entre l’antisémitisme génétique de l’extrême droite française et un lobbying à toute épreuve en faveur du gouvernement Netanyahou. Enfin, Meyer Habib (ex-député de la 8e circonscription des Français de l’étranger, incluant Israël et le Territoire palestinien occupé), pour le groupe Les Républicains, s’inscrit alors parfaitement dans la ligne du président Eric Ciotti, infatigable défenseur d’Israël ayant depuis fait défection pour s’allier avec le RN lors des élections législatives de l’été 2024.
Entre ces deux « blocs » émerge un ensemble de voix parmi certains groupes qui incarnent une ligne certes décevante, mais bien plus nuancée. Des expressions qui bien que reconnaissant l’ensemble des violations du droit international et des Droits Humains, se résignent à voter contre ce texte ou à s’abstenir par rejet de la notion d’Apartheid. On retrouve ici les groupes Démocrate (MoDem), Socialiste, et Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (LIOT). Les premiers votent contre à l’exception du député Hubert Ott, qui a eu le courage de s’abstenir, les seconds quittent l’Assemblée à l’heure du scrutin, laissant Jérôme Guedj seul sur les bancs socialistes. Quant aux LIOT, ils s’abstiennent dans leur grande majorité. D’autres parlementaires font preuve de courage, Mireille Clapot (ex députée Renaissance de la Drôme) s’abstient malgré d’énormes pressions au sein de son groupe.
Les noms de ceux qui récupèreront le surnom de « faucons de la majorité » sont déjà connus, certains avaient déjà fait montre de leur soutien inconditionnel à Israël lors du vote d’une résolution portée par Sylvain Maillard, associant critique d’Israël et antisémitisme en décembre 2019. D’autres se sont révélé·es au fil des années et ont surtout pris d’importantes responsabilités dans l’appareil macroniste, notamment au cours du second mandat du Président de la République. Les plus célèbres sont Aurore Bergé, Constance LeGrip, Mathieu Lefevre, Astrid Pansoyan, Prisca Thevenot et déjà Caroline Yadan, qui était alors députée de Paris. Pendant les trois années qui ont suivi, ces parlementaires pro-Israël se sont renforcé·es au sein du groupe et de la hiérarchie macroniste. Il convient aussi de mentionner Deborah Abisror De Lieme, Secrétaire Générale du groupe qui avait elle aussi tenté d’obtenir le siège de députée de la 8e circonscription des Français de l’étranger dans un duel contre Meyer Habib lors des élections législatives de 2022 et en 2023 lors d’une partielle organisée après l’invalidation du précédent scrutin.
Annoncé parmi les orateurs puis censuré en dernière seconde, le président du Groupe d’Études Palestine (GEVI) et désormais ex-député macroniste Jean Charles Larsonneur ne prend pas part au vote et démissionne de son mandat après que la direction de son groupe n’ait décidé qu’il était trop « pro-palestinien ». Le député du Finistère se justifie quelques heures plus tard sur les réseaux sociaux : « On peut vouloir renforcer nos liens avec ce partenaire et allié essentiel au Proche-Orient qu’est Israël sans faire silence sur les excès de la colonisation. On peut critiquer les discriminations et les violences cautionnées par un gouvernement de droite extrême sans être anti-sioniste ou antisémite. »
Cette position n’a rien de particulièrement radicale, elle est même d’une légèreté déroutante au regard de ce que subissait le peuple palestinien en ce début d’année 2023, mais elle lui avait déjà attiré les foudres de certains leaders au sein des groupes qui composaient alors la majorité macroniste.
Après octobre 2023, un large alignement sur le narratif israélien
Ces trois dernières années, ces « blocs » n’ont pas réellement évolué malgré les dizaines de milliers de morts et le retour de la Palestine dans les agendas médiatiques et institutionnels. L’Assemblée nationale est toujours divisée entre les soutiens inconditionnels de l’État israélien, quels que soient ses crimes, les parlementaires qui portent les voix des Palestinien·nes, et un ensemble de député·es, sénateurs et sénatrices qui, malgré la conscience des enjeux, ne s’engagent pas pour faire basculer le parlement dans la voie d’une paix juste et durable.
Au lendemain des attaques du 7 octobre, deux grands débats solennels sont organisés dans chacune des chambres du parlement français. Pendant de longues heures, les parlementaires défilent pour exprimer leur condamnation de l’opération militaire des groupes armés palestiniens (une unanimité qu’il faudrait évidemment nuancer). Les dissensions se matérialisent autour de deux points : les causes de ce drame et la réponse à y apporter. Là encore, trois postures se dessinent, et à quelques exceptions près nous retrouvons les « blocs » du 4 mai 2023. Pour certains, essentiellement réunis autour du RN, de LR et des leaders macronistes, il est inconcevable de recontextualiser les attaques ou de les placer en contrepoint de l’oppression coloniale subie par les Palestiniens : le soutien à Israël est inconditionnel et entier.
Tout au long du mois d’octobre, les délégations d’élus se succèdent en Israël. Une séquence incarnée par la mission menée par la présidente de l’Assemblée Nationale, Yaël Braun Pivet, et les deux députés LR, Meyer Habib et Eric Ciotti. Cette séquence est particulièrement significative, elle se déroule alors que de nombreuses déclarations génocidaires ont été prononcées par les plus hauts responsables politiques israéliens, le ministre Gallant a déjà parlé du sort qu’il réservait aux Palestiniens, qualifiés « d’animaux humains ». La déclaration a eu lieu la veille du départ de la présidente de l’Assemblée vers Israël, le jour de son retour, le nombre de personnes tuées à Gaza dépasse déjà le millier, dont une moitié d’enfants.
Cette posture honteuse n’est pas la plus représentative des parlementaires français. Même dans les rangs de la majorité macroniste, chez certains groupes parlementaires centristes au Sénat et voire dans les groupes socialistes des deux chambres, les sons de cloches diffèrent. Partout nous retrouvons la condamnation sans réserve des attaques palestiniennes mais refus d’effacer la profondeur historique, les causes de cette déflagration de violence mais surtout, après quelques semaines d’apathie, l’apparition d’une exigence d’un cessez le feu et la demande du respect du droit international humanitaire. En coulisses, la notion de « génocide » est evoquée avec beaucoup plus de facilité.
Ces exigences vont venir se concrétiser chez les macronistes à la fin du mois d’octobre 2023, par le biais d’une tribune portée par la députée Nadia Hai et cosignée par plus de soixante députés Renaissance (un tiers du groupe à l’époque). Le texte « Une vie palestinienne vaut une vie française qui vaut une vie israélienne » porte une exigence fondamentale : « le soutien inconditionnel aux populations civiles ». Un contrepied à la présidente de l’Assemblée Nationale qui proclamait le soutien inconditionnel à Israël quelques semaines plus tôt.
Parler et faire parler de Palestine : la stratégie hégémonique du groupe LFI
De leur côté, les groupes qui avaient soutenu la résolution apartheid se retrouvent autour d’exigences communes, à savoir la fin de la colonisation, de l’apartheid, de l’occupation et l’absolue nécessité de privilégier une résolution politique plutôt qu’une réponse militaire aveugle et inhumaine.
Si les groupes communistes, écologistes et insoumis convergent sur cette position, l’attaque du 7 octobre marque toutefois une rupture au sein de ce « bloc ». Alors que les communistes étaient jusqu’alors les plus actifs sur la défense des droits du peuple palestinien, les députés insoumis adoptent une stratégie qui les place aux avant-postes du mouvement de solidarité avec la Palestine.
Une présence remarquée et une régularité absolue autant dans l’enceinte de l’Assemblée qu’en dehors aux côtés du mouvement de solidarité. Le groupe LFI a pris l’initiative en février 2024 d’une délégation en direction de Rafah, poste frontière entre la bande de Gaza et l’Égypte. Menée par le député Eric Coquerel, la mission comprenait également des communistes et des écologistes. Même chose pour les « flottilles de la liberté » : en deux ans, cinq convois de plusieurs centaines de bateaux ont vogué vers Gaza. Alors que l’ensemble des groupes parlementaires de gauche ont été sollicités, ce sont exclusivement des parlementaires insoumis·es qui ont pris part aux initiatives (Gabrielle Cathala, François Piquemal, Alma Dufour ou Marie Mesmeur), à l’exception notable de l’eurodéputée écologiste Melissa Camara.
Depuis trois ans, et de manière beaucoup plus importante à partir d’octobre 2023, des parlementaires de la France Insoumise accueillent des délégations palestiniennes à l’Assemblée. Au cours de la même période et avec une régularité inégalable, leurs député·es consacrent une de leurs interventions à la situation à Gaza lors des traditionnelles sessions des Questions au Gouvernement à l’Assemblée. Seuls les écologistes et les communistes, dans les deux chambres du parlement mais avec beaucoup moins de temps d’intervention alloué, peuvent soutenir un bilan un minimum acceptable en comparaison.
La stratégie de LFI a généré des accusations et des critiques, à commencer par celle d’une volonté d’accaparement de la cause palestinienne. Le groupe n’a obtenu que très peu d’avancées institutionnelles et politiques notables sur le sujet, et ce malgré plus de quinze textes déposés (propositions de loi ou de résolution) à l’Assemblée nationale. Toutefois, constatons que le différentiel existe non pas du fait de la focalisation du groupe Insoumis sur la question, mais par le choix des autres groupes à y consacrer moins de temps. Raison pour laquelle les parlementaires insoumis bénéficient d’une appréciation si positive au sein du mouvement de solidarité avec la Palestine et auprès des Palestinien·nes en France : depuis trois ans, ils ont été les relais de leur revendication et de leur souffrance, alors même que le champ médiatique et politique tendaient à les silencier.
Au Sénat, c’est le groupe communiste qui a pris l’initiative d’une résolution, « invitant le gouvernement à reconnaître l’État palestinien et à agir pour un cessez-le-feu effectif et durable dans l’attente de négociations », le 21 mars 2024. Cependant, faute de temps et de l’obstruction du bloc centriste, le débat n’a jamais pu avoir lieu.
L’enjeu du « groupe d’amitié »
L’année 2024 a vu l’irruption dans l’agenda institutionnel du débat sur la transformation du groupe d’études Palestine (GEVI) en groupe d’amitié France-Palestine (GAFP) – le groupe d’amitié étant réservé aux relations entre État. Une première fois en mai, qui se conclut par un échec, puis une deuxième fois en novembre, cette fois favorable.
Le bilan global du Groupe d’Études/d’Amitié sur les trois dernières années est aussi très décevant. La démission de Jean-Charles Larsonneur, suite à la censure qui lui avait été imposée lors du débat apartheid, avait entraîné la mort cérébrale du groupe pendant six mois. Depuis, l’impact du GAFP est extrêmement discret alors que le contexte aurait dû conduire à un certain protagonisme de ce groupe. Quelques communiqués, quelques réunions irrégulières, très espacées et réunissant quasi exclusivement des parlementaires de gauche. Mais surtout, aucun texte de loi ou de résolution produite.
Peu après la transformation du groupe, Richard Ramos, le député Modem qui en avait alors pris la présidence, annonçait qu’une mission se déroulerait très prochainement dans le Territoire palestinien occupé. L’heure de la diplomatie parlementaire semblait advenue, les parlementaires français·es allaient enfin jouer leur rôle, au-delà des clivages partisans.
Cela fait bientôt un an et demi depuis cette annonce et toujours aucune délégation en vue. Pire, en mai 2025, nous apprenions que le Groupe Modem, dont sont issus le Ministre de l’Europe et des Affaires Étrangères, le président de la commission des Affaires étrangères et le président du Groupe d’amitié France-Palestine, avait choisi de sortir la mission en Palestine de la liste des voyages prioritaires pour le remplacer par une délégation au Vatican.
Le bilan du groupe d’amitié au Sénat n’est pas beaucoup plus reluisant. Mais une différence fondamentale les sépare, le groupe interparlementaire Palestine du Sénat s’est rendu en Cisjordanie occupée en septembre 2025. Cinq membres du Sénat, deux socialistes, une écologiste, un communiste et un membre du groupe Les Républicains, se sont rendu·es dans le TPO dans l’intervalle précédant la vague de reconnaissances internationales de l’État de Palestine.
Il n’est pas nécessaire de s’attarder sur le groupe d’Amitié France-Israël. Il est un condensé des plus importants admirateurs et admiratrices de la politique israélienne. Les responsables macronistes pro-israéliens et les membres de l’extrême droite française obsédés par la défense des crimes israéliens dirigent ensemble le groupe et lui imposent une ligne qui a de quoi gêner jusqu’au gouvernement français actuel. Le groupe rassemble aussi des parlementaires sincères de tous les partis, dans leur recherche d’avancées concrètes pour les peuples palestiniens et israéliens, mais l’extrême droite, ou plutôt celle qui s’en revendique, pèse plus de la moitié du groupe d’amitié. Constance le Grip dirige le bureau de cet organe, où siègent Caroline Yadan et Julien Odoul.
Parallèlement, un groupe de liaison Israël-Palestine est né en juin 2025 après une mission informelle en Palestine et en Israël avec pour point d’orgue un forum pour la Paix à Jérusalem. Soutenu par les Guerrières de la Paix, il regroupe une dizaine de parlementaires, structuré autour de figures socialistes, telles que Jérôme Guedj ou Boris Vallaud. Le groupe rassemble aussi des parlementaires écologistes, de la coalition gouvernementale et une LIOT. Depuis son lancement, il est très difficile de trouver des traces d’actions concrètes ou d’engagements réels. Reste que l’un de ses cofondateurs, Guedj, est signataire de la très controversée proposition de loi Yadan.
Suspendre l’accord d’association
À l’été 2025, deux textes appelant à la suspension de l’accord d’Association UE-Israël sont présentés en séance de la commission des Affaires Européennes de l’Assemblée Nationale. Cette séquence permet d’illustrer de manière saillante les clivages qui traversent l’Assemblée nationale ces trois dernières années. Le premier est défendu par Clémence Guetté pour le Groupe LFI, le second est porté par la députée écologiste Sabrina Sebaihi. La commission est remplie comme rarement et les groupes de la majorité ont fait le ménage dans leurs rangs, plusieurs députés des groupes Démocrate et Ensemble, plutôt favorables au texte et plus globalement attachés au respect du droit international, sont remplacés par des poids lourds et des « faucons de la majorité ». Sylvain Maillard et Caroline Yadan sontprésents. Cette dernière s’illustre d’entrée en proposant un amendement de suppression global du texte LFI. Avec dix voix d’avance, le texte est balayé avant même d’avoir été débattu.
Vient ensuite la Proposition de résolution européenne de Sabrina Sebaihi. Le texte est ambitieux mais peu clivant. La PPRE est un concentré de références juridiques, rassemblant des sources issues des plus hautes juridictions internationales et des ONG les plus respectées sur les questions de respect des droits humains. Le texte est aligné sur la position du gouvernement français. Problème, les parlementaires au sein du bloc central qui auraient pu défendre cette position sont mis en retrait par les autorités de leur groupe parlementaire. Ainsi, la députée Ensemble Amélia Lakrafi, principale contributrice d’amendements au sein de son groupe sur ce texte, a été autorisée à intervenir en séance mais surtout pas à voter sa version finale. Le texte est rejeté pour 4 voix, l’amendement appelant au respect des mandats de la CPI est lui aussi balayé, mais à une voix près.
Le contrôle exercé par les parlementaires « pro-Israël » au sein du camp macroniste embarrasse jusqu’au gouvernement. Car si les voix dissidentes sont silenciées, les « faucons » ne lésinent pas sur leur manifestation de soutien inconditionnel à Israël : amendement, résolution, proposition de loi… Mais aussi l’organisation d’une délégation de parlementaires d’Ensemble, avec l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, aux côtés de Guillaume Kasbarian et Prisca Thevenot avec David Azoulai, maire de Metula au nord d’Israël, armé jusqu’aux dents. Cette rencontre a causé une polémique basée sur le fait qu’Azoulai avait publiquement appelé à « faire de Gaza un Auschwitz ».
La fenêtre qui s’est ouverte avec l’arrivée d’un gouvernement israélien le plus à l’extrême droite de la courte histoire d’Israël, deux ans de guerre génocidaire et un intérêt retrouvé sur le plan institutionnel et médiatique pour les questions israélo-palestiniennes, n’a pour l’instant accouché que de la reconnaissance de l’État de Palestine par la France. Reste à questionner à quel point les parlementaires français ont joué leur rôle de moteur sur la question. Surtout cela met en lumière le fait qu’il a fallu attendre onze années pour voir la présidence de la République suivre une décision votée par l’Assemblée Nationale puis par le Sénat.












