Palestinien·nes de 48

Les Palestinien·nes de 48 – appellation qui renvoie aux territoires passés sous contrôle israélien en 1948 – sont les Palestinien·nes titulaires d’un passeport israélien. Iels représentent aujourd’hui environ 1,7 million de personnes, soit près de 20 % de la population de l’État.

Les Palestinien·nes de 48 sont les descendant·es des 150 000 Palestinien·nes qui n’ont pas été expulsé·es du territoire lors de la Nakba. Iels ont progressivement obtenu le passeport israélien après la création de l’État. La déclaration d’indépendance de 1948 leur promet une égalité complète de droits, mais iels ont immédiatement été placé·es sous un régime militaire, restreignant leurs libertés fondamentales et leur accès à l’emploi. Malgré l’abolition de ce régime en 1966, consacrant en théorie une égalité entre les Juif·ves et les « Arabes israélien·nes » – terme controversé employé par Israël pour effacer leur appartenance au peuple palestinien –, plusieurs lois les discriminent, institutionnalisant une réalité de citoyenneté de seconde zone.

Par exemple, les lois foncières israéliennes favorisent les Juif·ves. En effet, le Fonds national juif assure la gestion de 13% des terres de l’État. Les Palestinien·nes de 48 ne sont pas autorisé·es à acheter sur ces terres, ce qui limite leur accès à la propriété.

Les Palestinien·nes de 48 – sauf les Druzes – sont exempté·es de service militaire, et l’engagement volontaire dans l’armée d’occupation est quasi nul. Certaines subventions sociales sont réservées aux citoyen·nes ayant effectué leur conscription, discriminant ainsi de fait les Palestinien·nes de 48.

La suprématie ethnique juive a obtenu un caractère constitutionnel en 2018, par l’adoption de la loi fondamentale Israël, État-nation du peuple juif, affirmant que seul le peuple juif dispose du droit à l’autodétermination en Israël et faisant de la colonisation juive une « valeur nationale ».

Par ailleurs, certaines lois électorales et pratiques institutionnelles ont entrainé une sous représentation des Palestinien·nes de 48 : seuls 10 sièges sur 120 à la Knesset sont occupés par des Palestinien·nes. 

Leurs revendications politiques et identitaires sont systématiquement délégitimées et perçues comme l’émanation d’une menace interne à l’État, une perception qui s’empire à chaque offensive israélienne contre Gaza.

Depuis le 7 octobre 2023, les Palestinien·nes de 48 font face à une situation dramatique. La surveillance de l’État à leur encontre s’est grandement accentuée. De simples likes sur des publications exprimant leur solidarité avec les Palestinien·nes de Gaza servent de motif pour des arrestations, des suspensions d’université ou des licenciements. Les manifestations contre le génocide portées par des Palestinien·nes sont systématiquement interdites, contrairement aux manifestations similaires organisées par des Juif·ves.