Par Nicolas Destrée, philosophe et spécialiste de la violence politique.
On pense généralement que la notion de génocide manque d’historicité. Pourtant, des recherches en science politique et en sécurité internationale ont permis, ces dernières années, de lier une technique militaire bien précise, la « contre-insurrection », avec la commission du génocide, en particulier dans des situations coloniales. De Cuba à Gaza en passant par l’Europe de l’Ouest, cet article retrace l’archéologie de la violence génocidaire.
La contre-insurrection, parfois appelée « conflit asymétrique » ou « irrégulier » dans le langage militaire, est un répertoire de techniques de violence politique visant à réprimer des mouvements sociaux et politiques – comme son nom l’indique –, révolutionnaires et insurrectionnels ou non, allant de la propagande au renseignement, en passant par la torture, l’assassinat et les politiques de concentration.
Si notre imaginaire guerrier nous a habitué à penser le fait militaire à l’aune du modèle du conflit dit « conventionnel », convoquant sa ligne de front, ses uniformes et matériels lourds – chars, artilleries, aviation, etc. –, le fait guerrier moderne est pourtant loin de se résumer à ce mode de conflit, qui est d’ailleurs historiquement minoritaire. À l’inverse de cet imaginaire étriqué, la plupart des conflits n’ont pas impliqués, du moins pour l’une des deux parties, le port d’uniformes identifiables, ne se sont pas non plus déroulés sur un front séparant deux armées relativement statiques, et n’ont pas compris des pratiques de violences conventionnelles, qui s’accorderaient de près ou de loin avec le droit des conflits armés. Au contraire, loin d’une « éthique militaire » qui raconte la guerre comme une histoire de courage et d’honneur, la plupart des conflits ont obéi à des logiques contre-insurrectionnelles dont tant les décideurs politiques que militaires ne font pas grande publicité.
Une des raisons les plus probables pour expliquer cet imaginaire militaire étriqué est que, si les métropoles impériales européennes ont principalement expérimenté le fait guerrier par des conflits conventionnels – en particulier les deux conflits mondiaux, et la mise en récit mémorielle qui a été faite de ces derniers – la pratique de la contre-insurrection et le niveau de violence politique lui étant associé a été historiquement réservée aux périphéries coloniales. De la répression de la Révolution en Haïti à la destruction systématique des Territoires palestiniens occupés, en passant par la guerre d’Algérie, d’Irak et de bien d’autres, ces pratiques de guerres dites « spéciales » se sont vues principalement appliquées aux espaces géographiques où l’inégalité des vies – et la déshumanisation raciale qui la sous-tend – était et est encore la norme.
Cette réalité militaire s’explique notamment par le fait que la violence étant mise en place pour permettre l’implantation de pratiques contre-insurrectionnelles est qualifiée par les politologues et historiens de « violence extrême » – dénotant par là des pratiques de meurtres de masse, que ce soit via des tirs ou des bombardements indiscriminés, ou encore des pratiques barbares dites d’« enfumades », visant à enfermer un groupe d’individus dans un lieu clos, souvent son lieu de vie, et à l’asphyxier au moyen de fumées toxiques avant de le bombarder de grenades ou au moyen de frappes aériennes. L’usage de la torture, sous le faux motif de l’obtention de « renseignement » visant à démembrer des réseaux d’insurgés, est une constante des pratiques contre-insurrectionnelles. Une autre caractéristique de ce mode de conflit est la politique concentrationnaire, qui vise à « concentrer » de larges populations dans des zones spécifiques, et, la plupart du temps, à les laisser lentement dépérir de famine et de maladies infectieuses. La raison qui a été historiquement avancée pour justifier publiquement ces pratiques par les états-majors et les représentations politiques a été la nécessité d’isoler les populations civiles des « insurgés » ou autres « terroristes », afin de permettre à l’armée occupante de se débarrasser de ces derniers tout en épargnant à la population civile le carnage guerrier. Si l’on trouve des traces de ces justifications publiques dès les premières occurrences des politiques concentrationnaires dans le deuxième tiers du XIXe siècle, les historiens ont établi de manière indubitable que ces prétextes ont été des motifs visant à minimiser l’horreur de la violence politique à destination de leur population intérieure, pour augmenter leur acceptabilité sociale, et que les commandements militaires ayant mis en place ces pratiques se faisaient peu d’illusions sur les probabilités de survie des populations civiles concentrées.
Certains historiens, travaillant au confluent de l’histoire et du droit, ont établi le lien entre pratiques contre-insurrectionnelles et violences génocidaires. Si la notion de génocide est une notion principalement juridique – définie par les travaux pionniers du juriste juif polonais Raphaël Lemkin en 1942, travaux qui seront transposés en 1948 dans la Convention des Nations unies sur la prévention et la répression du crime de génocide –, ayant pour fonction de dénoter un crime spécifique et s’inscrivant dès lors dans le registre pénal international, des travaux précurseurs et encore trop rares ont permis de rapprocher les notions de violence politique dite extrême et de génocide, et de lier ces dernières avec systématicité aux pratiques contre-insurrectionnelles. De plus, la Rapporteuse des Nations unies sur les Territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, dans son deuxième rapport, a ouvert la voie à une introduction plus aboutie des travaux et réflexions historiques dans la jurisprudence internationale, dans le but de mieux préciser les contours et modes de fonctionnement du crime de génocide.
« Si l’on trouve des traces de ces justifications publiques dès les premières occurrences des politiques concentrationnaires dans le deuxième tiers du XIXe siècle, les historiens ont établi de manière indubitable que ces prétextes ont été des motifs visant à minimiser l’horreur de la violence politique à destination de leur population intérieure, pour augmenter leur acceptabilité sociale, et que les commandements militaires ayant mis en place ces pratiques se faisaient peu d’illusions sur les probabilités de survie des populations civiles concentrées. »
Dans cet article, nous exposerons trois occurrences des pratiques contre-insurrectionnelles et de leur lien avec des politiques génocidaires, dans le but d’en montrer les similitudes structurelles, tant temporelles – s’inscrivant dans une longue durée de la violence politique – que géographiques, montrant leur caractère proprement global et connecté. Nous commencerons par une analyse de la guerre d’indépendance cubaine (années 1870), nous esquisserons les pratiques contre-insurrectionnelles ayant été mises en place à l’encontre des populations slaves durant le Second Conflit mondial, avant de conclure par une analyse du conflit génocidaire en cours en Palestine.
1) « Isoler les insurgés » : le conflit d’indépendance à Cuba
Nous sommes dans les années 1870. L’ancienne puissance coloniale, la première a avoir posé le pied sur le Nouveau Monde au moyen de ses missionnaires, voit sa domination s’enliser. L’Espagne est en effet en train de perdre ses colonies les unes après les autres, au profit de l’Angleterre et de la France, qui entendent bien se partager le butin, mais également des jeunes États-Unis d’Amérique. Cuba est un carrefour stratégique, tant des points de vue maritime que terrestre. L’Espagne ne peut se permettre de perdre cet ancrage sans pareil. Si les conditions géopolitiques qui ont présidé au déclenchement de ce conflit sont trop complexes pour être résumées en quelques lignes, il faut en retenir, pour le propos qui nous occupe, que le conflit ne semble pas avoir de fin – il va durer plus de trente ans. Face aux empires extérieurs et à la contestation intérieure, qui prend la forme de guérillas, le pouvoir politico-militaire espagnol décide de la mise en place d’une nouvelle technique qui aura une longue, malheureuse, et douloureuse histoire : les camps de concentration. Comme les insurgés cubains n’étaient pas distinguables de la population civile, au sein de laquelle ils se cachaient, l’autorité occupante décide de séparer les populations. D’une part, les paysans et les civils considérés comme neutres, ou du moins comme non-belligérants, d’autre part les insurgés. Les civils sont alors placés sous un régime de « détention protectrice », selon sa dénomination officielle, pendant que l’armée pratique une politique de la terre brûlée dans l’objectif d’empêcher les insurgés de gagner du terrain. Ayant du mal à distinguer les civils des insurgés, les Espagnols décident de la mise en place de la méthode la plus « rationnelle » possible : diviser Cuba en plusieurs zones, certaines faisant l’objet de politique de concentration et d’autres non. Les ordres militaires ne laissent pas place au doute. Ainsi, le général Valeriano Weyler énonce : « Tous les habitants des zones rurales ou vivant en dehors des villes fortifiées seront concentrés dans les huit jours dans les villes occupées par les troupes. Tout individu qui désobéira à cet ordre ou que l’on trouvera en dehors des zones imposées sera considéré comme rebelle et jugé en tant que tel ». Se met alors en place une justice d’exception militaire qui permettra des arrestations sommaires et des exécutions extra-judiciaires.
Dans un premier temps, une distinction est faite entre les prisonniers de guerre et la population civile régulière. Toutefois, la puissance occupante n’arrivant pas a parvenir à ses fins – contenir les poussées de révoltes et autres insurrections –, elle finit par abolir cette distinction entre prisonnier et civil, considérant tout Cubain comme un insurgé en puissance, et donc, comme une menace potentielle. Le résultat de cette vision contre-insurrectionnelle n’en était que trop prévisible : l’ensemble de la population s’est retrouvée dans des camps, où se propagent des maladies infectieuses et des épidémies qui provoquent des ravages. Si l’opinion publique internationale s’émouvra du sort des Cubains – un grand nombre de reporters de presse, y compris de photographes, technique alors toute récente, sont présents sur place – les populations civiles n’en furent pas moins anéanties par une politique d’extermination systématique qui avait pour but de contenir les poussées de révoltes d’une population occupée. C’est ce que l’on pourrait appeler, a posteriori, l’acte fondateur de la guerre génocidaire. Il nous faut maintenant quitter la zone caribéenne pour faire un grand saut temporel et spatial pour revenir au centre de l’Europe, la métropole coloniale de toujours, pour suivre le fil de la contre-insurrection et de l’archéologie du génocide.
2) « Là où est le juif est le partisan, là où est le partisan est le juif » : judéocide et contre-insurrection
Nul besoin de présenter à la mémoire européenne le Second Conflit mondial. Notre mémoire collective a tendance à en faire le paradigme de la guerre conventionnelle, avec son lot de tranchées, d’uniformes identifiables et de batailles rangées. Si cela est vrai pour l’ouest de l’Europe et pour certaines phases bien précises de la guerre, ce n’est pas le cas pour les espaces slaves et russes qui connaissent d’autres formes de conflits, proprement contre-insurrectionnels. Ces espaces sont vus, du point de vue des nazis, comme l’« espace vital », le funeste Lebensraum, qui devait recouvrir le lieu de « régénération » de la « race aryenne » qui inaugurerait un long règne millénaire du pouvoir qui se rêvait comme un nouvel empire.
Si cette histoire est bien connue, c’est sa dimension coloniale qui reste à ce jour trop enfouie dans les mémoires, voire complètement ignorée du grand public. La dimension coloniale du nazisme ne laisse pourtant pas la moindre place au doute. Pour s’en convaincre, il n’est qu’à se référer aux écrits du « Führer », Adolf Hitler lui-même, qui écrivait en 1941 : « Les peuples slaves […] ne sont pas destinés à mener une existence autonome. […] L’espace russe sera notre Inde à nous et nous ferons la même chose que les Anglais qui dominent ce territoire avec une poignée d’hommes ; nous dirigerons notre espace colonial comme eux. Nous donnerons aux Ukrainiens des foulards, des colliers en verroterie et tout ce dont raffolent les peuples coloniaux ». En un bref passage, ce sont tous les lieux communs du colonialisme qui sont exprimés. Mais c’est la conquête militaire de l’espace est-européen qui va traduire la théorie en pratique, et ce avec des récurrences macabres, comme nous allons le voir.
« Si cette histoire est bien connue, c’est sa dimension coloniale qui reste à ce jour trop enfouie dans les mémoires, voire complètement ignorée du grand public. La dimension coloniale du nazisme ne laisse pourtant pas la moindre place au doute. »
En 1942, un an après l’écrit d’Hitler sur son futur espace colonial à l’est, le pouvoir nazi commence à douter de ses rêves d’empire. Si sa blietzkrieg, sa guerre éclair, lui a permis de conquérir une bonne partie de l’Europe occidentale, il vient de perdre une alliance stratégique majeure avec la rupture du pacte germano-soviétique, qui change du tout au tout la situation militaire : alors que le flanc oriental de l’Allemagne était jusque-là immunisé par ce traité diplomatique, il devient un nouveau champ de bataille qui s’avérera mortel pour les troupes allemandes. Quoi qu’il en soit d’un point de vue militaire, cette rupture était considérée comme inéluctable par les autorités politico-militaires nazies : c’était le prix à payer pour la constitution de leur espace colonial, pensé depuis la fin des années 1930. Les premiers moments de l’opération Barbarossa – la campagne de conquête de la Pologne, de la Russie, et des espaces slaves – semblent un succès pour les stratèges allemands, qui prennent très rapidement des positions stratégiques de premier plan. Cette percée stratégique a une implication pratique très concrète : de nombreux militaires polonais se retrouvent derrière la ligne de front. Les nazis considèrent alors ces derniers comme des civils commettant des actes insurrectionnels à leur encontre, et qualifient ces pratiques de « troubles à l’ordre public » qui doivent par conséquent être réprimées. Les insurgés, ou ceux considérés comme tels par l’autorité politico-militaire, sont fusillés sans autre forme de procès. La conquête de l’espace slave étant considérée comme un combat pour la pérennité de la race, les soldats étaient préparés et encouragés à la commission d’une violence totale. Les lieux communs de la contre-insurrection étaient agités : la crainte du « coup de poignard dans le dos », du sabotage, de l’empoisonnement des points d’eau potable… Ces représentations entretenues par les spécialistes de la propagande poussaient les soldats, qui vivaient dans un climat de peur constant, à des pratiques de torture et d’exécution sommaire. A l’image de l’« infiltré » vient rapidement se greffer celle du « Juif », qui dirigerait les groupes insurgés selon la propagande nazie. Les ghettos sont d’ailleurs portraiturés comme des lieux de résistance, emplis d’« ennemis de l’intérieur » pour lesquels il ne faudrait avoir aucune pitié. Dans une vision conspirationniste permettant le génocide, un retournement de narratif est d’ailleurs opéré : toute population non juive n’aurait pour but unique que de protéger les insurgés, ces derniers étant nécessairement juifs, les officiers militaires énonçant dans leurs formations que « Là où est le Juif, se trouve le partisan, et là où est le partisan, se trouve le Juif ». Les zones slaves étant considérées par la puissance occupante comme des repères d’insurgés, la justification de propagande était conférée pour le massacre en masse des populations et leur déplacement forcé… jusqu’à la mise en place de la « Solution finale » décidée à Wansee.
3) « Il n’y a pas de civil à Gaza »
« Plus jamais ça ! ». Voilà le narratif qu’ont imposé les puissances victorieuses du Second Conflit mondial, peignant la guerre comme un combat du « monde libre » triomphant du fascisme et de la barbarie. Si ce récit est toujours fonctionnel aujourd’hui, quoique nécessairement érodé par les évènements en cours, il faut en montrer la double fonction d’occultation : d’une part, ce ne sont pas les nazis qui ont inventé, ni n’ont le monopole, des méthodes contre-insurrectionnelles conduisant à la commission du génocide – comme nous l’avons montré avec l’exemple de Cuba, qui prédate le judéocide de plusieurs décennies – ; d’autre part, ces pratiques ne se sont en rien arrêtées avec le Second Conflit mondial. Que dire de l’Indochine (dénomination française coloniale du Vietnam), de la Palestine de 1948, du Rwanda, du Kosovo, et de tant d’autres depuis, si ce n’est que contre-insurrection et génocide semblent des pratiques impériales communes lorsqu’il s’agit de conquérir une terre et d’y faire cesser toute volonté de révolte.
« Car tous les arguments qui sont avancés par la propagande israélienne depuis non pas deux ans mais des décennies suivent les lignes argumentaires qui se retrouvaient à Cuba et dans l’Europe de l’Est du milieu du XXe siècle. […] Plus qu’une rupture, Gaza est le symbole des longues continuités de la violence coloniale qui continue de peupler le système international contemporain. »
Ceci nous conduit aux évènements du 7-Octobre, bien que l’on sache que cette démarcation chronologique est trompeuse. Ce jour là, un groupe d’insurgés palestiniens a lancé une opération commando médiatisée dans le but d’attirer l’attention internationale sur le point de non-retour dans lequel se trouvaient les territoires palestiniens occupés, soumis à un blocus complet et une lente mais systématique colonisation depuis des décennies, et ce dans l’indifférence quasi générale. Depuis, ce petit bout de terre est devenu le synonyme de l’enfer pour les damnés de la terre qui en constituent la population native. De l’argumentaire du « terrorisme » – dénomination contemporaine pour désigner les insurgés et autres partisans – aux actions duquel il ne faudrait pas songer à conférer une explication tant ces dernières seraient par nature irrationnelles, aux « animaux humains » qui peupleraient Gaza en passant par les zones dites « humanitaires » et les bombardements indiscriminés quotidiens, les permanences de la contre-insurrection génocidaire sont rejouées.
Ce constat de continuité n’a pas pour but d’effacer les différences et singularités : chaque génocide s’explique par une histoire et une géographie propres, avec des causes multiples et historiquement complexes. Si ces singularités sont de première importance, elles ne peuvent toutefois effacer les continuités qui prévalent, entre certaines tactiques militaires, euphémisées par le vocable de « contre-insurrection », une déshumanisation raciale qui autorise les violences les plus extrêmes envers un « autre » considéré comme positionné hors des limites de l’humanité, et une situation internationale de complicité – si Microsoft rend aujourd’hui possible le génocide des Palestiniens, IBM avait au XXe siècle permis le fichage des populations européennes par les nazis. Car tous les arguments qui sont avancés par la propagande israélienne depuis non pas deux ans mais des décennies suivent les lignes argumentaires qui se retrouvaient à Cuba et dans l’Europe de l’Est du milieu du XXe siècle. Le fait qu’il « n’y ait pas de civil à Gaza », justification de l’élimination de masse des civils, que des hôpitaux ou des organisations humanitaires « cacheraient » des insurgés/terroristes, que des zones « sûres » soit créées pour isoler les insurgés des populations civiles afin de permettre la préservation de ces dernières… jusqu’à l’émotion – nécessaire et salutaire – des populations civiles qui, comme à Cuba ou pour les camps de la mort, s’offusquaient que l’humanité porte en son sein la pire des barbaries. Plus qu’une rupture, Gaza est le symbole des longues continuités de la violence coloniale qui continue de peupler le système international contemporain. Le génocide était annoncé, et quelles que soient les tractations diplomatiques présentes et à venir, la « société génocidaire » décrivant la majorité des citoyens israéliens ne pourra pas s’effacer, sauf par un travail de mémoire et de justice qui ne pourra venir avant de longues années. Pourtant, de Cuba à Gaza, le constat est toujours le même et sans appel : la plus impérieuse nécessité est la décolonisation du monde et des esprits.












